Au sein dâun poulailler de fort grande Ă©tendue, Par des coqs fous Ă lier, un congrĂšs fut tenu, Fruit dâune conjoncture funeste aux mortels QuâĂ©tait lâemploi sans mesure et continuel De cet or tant lorgnĂ© que constitue la paille Brillant jusquâĂ Ă©borgner lâaveugle volaille. Par sa fermentation, la chaleur assaille Toute lâhabitation, fiĂ©vreux bercail. Tuant ainsi dans lâĆuf les poussins sans futur Sans quâun veuf les pleure devant leur sĂ©pulture HĂ©las, ce haut congrĂšs ne fut que bagatelle. Du fait dâintĂ©rĂȘts et dâavis conflictuels. Tous coqs Ă©tant dâune rigiditĂ© extrĂȘme Nul nâĂ©tendit la pĂ©rennitĂ© du harem. Les mĂąles dominants, principaux nautoniers Du naufrage imminent, sâobstinĂšrent Ă nier : « Deux degrĂ©s Celsius dans notre maisonnette ? Il en faut beaucoup plus pour cuire une omelette ! » Les mĂąles dominĂ©s, ni riches, ni capables, Ne purent quâincriminer les rĂ©els coupables : « Au-delĂ de votre bec, les poussins se meurent, Partagez vos kopecks, sauvons notre demeure ! » Sous la sotte emprise de lâorgueil ou la gloire La voix des poules fut omise en lâisoloir. Saintes mĂšres suprĂȘmes, reines du couvent, Capables dâun extrĂȘme carĂȘme : en couvant Elles dĂ©laissent parfois leurs estomacs grondants, Non pas par foi, mais par amour de leurs enfants. Si le plus dĂ©vouĂ© est le plus concernĂ© Pourquoi pour dĂ©nouer, nâest-il pas concertĂ© ? Se rajoutent Ă cette bĂȘtise les renards Jouant autant de malices que de poignards. Ces vils orateurs, conteurs de belles histoires, Flairant, tendre Ver mais