Le haut de son corps, dâune rĂ©gularitĂ© presque divine, arborait le buste Ă©lancĂ© et glacĂ© dâune femme. Mais sa peau nâĂ©tait pas de la chair : câĂ©tait un Ă©piderme de chitine opalescente, lisse et froide comme de la porcelaine polie, sous lequel battaient des Veines dâun bleu-violet sombre. Son visage, dĂ©nuĂ© de la moindre expression d'empathie, Ă©tait dominĂ© par de grandes orbites d'un noir obsidienne pur, sans pupilles ni blancs, reflĂ©tant la lueur des tirs et des scanners en facettes sombres. Ă la place des cheveux, un faisceau de filaments sensoriels souples ondulait de maniĂšre autonome, captant la moindre variation d'air, le moindre effroi. Et lĂ oĂč aurait dĂ» se trouver le bas du corps humain, le torse s'insĂ©rait directement dans la cuirasse massive d'un arachnide de prĂšs de trois mĂštres de long. Six pattes articulĂ©es aux crampons d'acier naturel s'ancraient dans la pierre. Un soldat de Walter a levĂ© son fusil dâassaut, le doigt crispĂ© sur la dĂ©tente, la sueur coulant sous sa cagoule tactique. La crĂ©ature nâa mĂȘme pas tressailli. Dans un bruissement terrifiant de plaques de carapace qui s'imbriquaient avec une prĂ©cision chirurgicale, sa queue segmentĂ©e s'est dĂ©ployĂ©e en une arche parfaite au-dessus de sa tĂȘte. Au bout, le mĂ©ga-dard translucide brillait d'une lueur violette et cuivrĂ©e, gorgĂ© d'un venin nĂ©crotique prĂȘt Ă liquĂ©fier la moindre goutte de vie. Ver mais