Le chemin quâon ne voyait plus AprĂšs deux longues annĂ©es, la fĂ©e RabosĂ©e fit appeler sa cousine. La sorciĂšre Carapate arriva au petit matin, portĂ©e par une brume douce venue du nord. Elle nâeut pas besoin de poser beaucoup de questions. Elle vit tout de suite que quelque chose nâallait pas. â Tu es inquiĂšte. â Oui⊠La fĂ©e leva les yeux vers la lisiĂšre du village. â Viens. Elles sâĂ©levĂšrent ensemble, lĂ©gĂšres, silencieuses, jusquâĂ la cime dâun grand hĂȘtre. De lĂ -haut, le monde semblait paisible. Mais il ne lâĂ©tait pas. â Regarde bien, dit RabosĂ©e. Carapate plissa les yeux. â Je ne vois rien dâanormal. La fĂ©e soupira. â Justement⊠Elle tendit la main. â Chaque jour, le village avance. Et chaque jour, la forĂȘt recule. Un silence. â Et bientĂŽt⊠il nây aura plus rien Ă regarder. Câest alors quâun enfant apparut. Il marchait vite. Les yeux fixĂ©s sur un Ă©cran lumineux. Le monde autour de lui semblait ne pas exister. Il franchit un talus. Traversa un sentier. Continua. Sans jamais ralentir. Sans jamais lever la tĂȘte. La fĂ©e se figea. â Tu as vu ? Carapate hocha lentement la tĂȘte. â Il est passĂ© dessus⊠â Non, murmura RabosĂ©e. Il est passĂ© Ă travers. Elles descendirent. Le sentier Ă©tait lĂ . Ou presque. Une trace fine dans lâherbe. Quelques pierres anciennes. Des fleurs timides. RabosĂ©e posa la main au sol. Une vibration faible. Fragile. â Il sâefface⊠â Un chemin ne disparaĂźt pas comme ça. â Si. Pas quand il nâest plus vu. Elles dĂ©cidĂšrent de le suivre. Au dĂ©but, il rĂ©sistait encore. Ver mĂĄs