Au pied de la forteresse, blottie contre les premières pentes de la montagne, s’étend la Ville des Contreforts Brisés, un lieu que le temps a oublié sans jamais parvenir à l’effacer. Vue de loin, elle ressemble à un enchevêtrement silencieux de toits effondrés, de rues désertes et de places envahies par les herbes hautes. Mais lorsqu’on franchit ses limites, on découvre une cité qui n’a pas rendu les armes : elle attend simplement qu’une âme courageuse lui redonne vie. Les maisons, construites en pierre claire et en bois sombre, portent les marques de l’abandon, mais leurs structures tiennent encore. Les poutres sont solides, les murs droits, les fondations intactes. Beaucoup ont perdu leurs portes, d’autres leurs fenêtres, mais toutes semblent prêtes à accueillir de nouveaux habitants. Le vent s’engouffre dans les ouvertures béantes, faisant chanter les volets brisés comme des carillons mélancoliques. On pourrait croire que la ville murmure encore, qu’elle raconte son histoire à qui veut bien l’écouter. Les rues pavées, bien que fissurées, dessinent encore un réseau clair et harmonieux. Elles serpentent entre les bâtisses, grimpent doucement vers la montagne, puis redescendent vers les plaines. Par endroits, l’herbe a percé les pierres, formant des tapis verts qui adoucissent les angles et donnent à la cité un charme presque pastoral. Les places publiques, autrefois animées, sont aujourd’hui des clairières urbaines où poussent des fleurs sauvages et où les arbres ont repris Ver más