Grand voyageur de nature, du haut de ma petite taille, jamais je ne chante mes exploits ... Et oui, la plus fine des odeurs de phoque, même enfuie, je perçois ... Non, dans l'océan blanc du Grand Nord, pas question de sauter un repas. Au long de tous ces kilomètres, jamais la brise polaire ne me glace... Car mon cœur, sous les étoiles, déborde et ne tient pas en place. Sans cesse en recherche de vaine nourriture... Il n'est pas temps pour moi de faire la fine bouche... Et quand bien même je ne déniche de lemmings en pâture... Il me reste toujours à gober les crottes des voisins comme ultime nourriture. Dans les temps de disette, il m'arrive de suivre mon ainé l'Ours blanc ... Priant plusieurs jours, pour quelques miettes, que ce dernier d'une chasse me laisse gentillement. Je ne fais pas de bruit, non, je n'aboie que si le danger me guette... Car le sage écoute, observe et intègre, sans nulle autre requête. Si tout le monde s'accorde à me dire et me trouver beau... C'est souvent pour ma fourrure et pour me faire la peau... D'un blanc immaculé, elle n'est, pour moi, qu'une jolie ruse... Là où transpire ma grandeur d'esprit, avec peu de mots, en effet, j'abuse ! L'été, je quitte mon déguisement de pureté pour embrasser des tons fauves... Rassemblant ma petite famille, et œuvrant sans relâche, afin que, dans le terrier, chacun se repose. Ensuite revient l'hiver, son froid glacial et sa grande léthargie... Et enfin le printemps, sortir du lit avec le soleil comme unique bougie. Ver más