Dans l'Ćil du cyclone Le bĂątiment semblait soudainement transformĂ© en un théùtre macabre. Le tumulte dĂ©sespĂ©rĂ© qui rĂ©sonnait entre ses murs ne ressemblait en rien Ă la routine quotidienne, lorsque les employĂ©s, pressĂ©s mais sereins, accomplissaient leurs tĂąches dans une harmonie presque mĂ©canique. Ce jour-lĂ , tout avait basculĂ©. Les cris stridents, les pas prĂ©cipitĂ©s sur le carrelage glissant des couloirs, les portes qui claquaient dans toutes les directions rythmaient cette cacophonie insupportable. Au cĆur de ce chaos sâĂ©tendait la menace dâun tireur fou, une ombre mortelle qui faisait courir la terreur Ă chaque recoin, et avec chaque seconde qui sâĂ©coulait, lâangoisse montait inexorablement. Je me trouvais Ă ses cĂŽtĂ©s, dans un couloir Ă©troit dâoĂč il nây avait aucune Ă©chappatoire Ă©vidente. Ce couloir, froid et impersonnel, Ă©tait devenu pour nous un piĂšge sans issue. Nous avions rĂ©ussi Ă nous rĂ©fugier dans un petit local de service, un rĂ©duit obscur que les employĂ©s utilisaient habituellement pour ranger leur matĂ©riel de nettoyage, comme des balais, des seaux et des chiffons. Cet espace exigu, probablement nĂ©gligĂ© par la majoritĂ©, sâĂ©tait soudain transformĂ© en notre unique sanctuaire. Je considĂ©rais ce rĂ©duit avec un mĂ©lange dâespoir et de doute : il semblait sĂ©curisĂ©, ou du moins, câĂ©tait ce que nous voulions nous persuader. Pourtant, il y avait un problĂšme crucial : les vitres Ă©paisses qui formaient une sorte de mur de verre donnaient directement sur le couloir. Ces See more