Le navire avait réalisé une rotation autour du tronc, et ils étaient en face antérieure, à bonne distance du monstrueux visage. Dumor était laid, d’une laideur desséchée, sa peau semblable à l’écorce se craquelant toujours un peu plus. Dumor était le premier homme-tronc qu’il avait vu, dix ans auparavant. Et Erlen ne pouvait qu’avouer qu’il avait frémi d’émerveillement lorsqu’il s’était dévoilé à lui pour la première fois, exceptionnellement dépouillé de toute brume, dressé au-dessus des terres rouges, si différent de ses montagnes, vallées, rocs et mesas. Si étrange, gigantesque, difforme. Il avait d’abord vu une ombre dans le lointain, suspendue au-dessus de terres stériles et de plus en plus cabossées. Juste une ombre s’élevant, avant que peu à peu ses bras, portant la Nalime et la Teiene, ne se dessinent, et que le gigantisme de l’homme-tronc ne lui donne le vertige. L’approche avait semblé durer des heures, des heures durant lesquelles on les avait laissés avec indulgence, lui et Rivsen, fixer la silhouette de six mille mètres de haut qui se dévoilait petit à petit. L’équipage, qui devait guider le navire afin de le positionner sur un courant ascendant qui le déposerait sur le crâne de l’homme-tronc, avait même fait descendre le navire plus bas que de raison pour leur bénéfice. Il avait pu voir les os saillants des hanches plantées dans le sol, imaginer la naissance des fesses s’enfoncer dans la terre sous les racines-contrefort qui déchiraient la surface, faisant Mehr sehen