On penserait, de prime abord, à des araignées, baignées dans la lumière blafarde du néon, attendant patiemment dans leur toile compacte la survenue d'un insecte à consommer. Le mur de parpaings gris, l'obscurité impénétrable qui se détache dans le fond, le ciment retouché des murs déclinent une ambiance morose, engluée dans un camaïeu de tristesse. On est très loin des atmosphères colorées et enveloppantes des installations récentes de Bianca, des déclinaisons colorées et des confrontations de formes, de textures et de sentiments. Mais, à y regarder de plus près, la position incohérente des pattes, la translucidité des corps, la position de chute arrêtée dans la toile signalent que ce ne sont pas des araignées, mais des exuvies, des mues d'araignées. Contrairement aux serpents par exemple, celles-ci ne muent qu'un nombre limité de fois au cours de leur vie afin d'atteindre leur pleine maturité d'adulte. La métaphore de la métamorphose dans le travail de Bianca est une évidence. Changement de forme, d'état, de condition, elle élabore son œuvre en ayant pleinement conscience, en amont, des modifications qui vont s'opérer. Bien sûr, elle ne peut, et ne veut, pas en maîtriser les altérations et résultats, mais elle sait que sa pièce va muer pour continuer à se développer, similaire mais élargie, développée. Les restes photographiques seraient-ils les exosquelettes abandonnés lors de la transformation, vestiges d'une phase qui n'est plus ? Et plus généralement, l'œuvre façonnée Mehr sehen