Sudarz. Longiligne, il était aussi frêle et maigre, mais une certaine beauté et noblesse émanait de lui. Il semblait également plus anxieux que Jalibis ; ses mains pâles ne cessaient d’osciller de gauche à droite, de gratter ses veines, de se serrer et desserrer en continu. Une simple étoffe bleue couvrait ses fragiles épaules, et un visiteur de passage l’aurait au mieux pris pour un marchand, et au pire pour un clochard. Pourtant, il se serait trompé. Les longs cheveux couleur or de Sudarz, fouettés par le vent, revenaient sans cesse devant ses yeux, tandis qu’il les repoussait machinalement d'une main distraite, le regard fixé vers l'horizon. Dans son dos, une lyre argentée était accrochée. Sudarz en avait joué durant toute la traversée, au grand dam de Jalibis : il en jouait admirablement bien, mais ce n’était pas le moment. Désormais, le sable venait frotter ses délicates cordes de nylon, d’imperceptibles notes en émanant irrégulièrement. Mehr sehen